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Que mes lecteurs ne m'en veuillent pas: je n'accepte jamais de lire le manuscrit d'un jeune auteur. Pour deux raisons: 1. Je ne suis pas qualifié pour le faire. 2. Je n'ai pas le temps. Si je répondais à toutes les demandes, je deviendrais "lecteur professionnel", au détriment de l'écriture et de ma vie de famille. En revanche, voici un document qui pourra vous être utile. Ce document a été fourni par Stéphanie Nicot, organisatrice du salon d'Epinal. Je le trouve remarquablement bien étudié. Je le reproduis ici à toutes fins utiles pour les débutants. Le plus simple est de l'imprimer. |
Vous venez de terminer un manuscrit, tout d’abord félicitation. Achever une histoire n’a rien de facile et quoi qu’il arrive par la suite, vous pouvez être fier d’y être parvenu. Vous voulez maintenant passer à l’étape suivante, c’est à dire : vous faire éditer. Si cet objectif est louable, je dis simplement attention, car le monde de l’édition est un monde de loups et l’écrivain débutant y apparaît souvent comme une brebis. Ce document a donc pour but de vous donner des conseils pratiques pour tout d’abord se faire éditer et surtout d’éviter de se faire arnaquer par le premier venu. Avant la publication Protéger son manuscritSi le phénomène du plagiat est rare, il faut cependant se prémunir au minimum de ce risque en protégeant le manuscrit. On peut le faire de 3 manières différentes : -Le déposer dans un organisme spécialisé comme le SNAC : syndicat national des auteurs compositeurs (80 r Taitbout 75009 PARIS) ou SGDL : société des gens de lettres ( 38 rue du faubourg Saint-Jacques, 75014 Paris). L’organisme conservera le manuscrit sous pli cacheté durant une période de 4 ans. Les frais sous autour de 45€. - Le dépôt chez un officier ministériel, huissier ou notaire. C'est juridiquement la seule preuve irréfutable, mais il vous en coûtera de 100 à 150 €. - La poste. Dans une enveloppe cachetée à la cire, l'auteur glisse son manuscrit et se l'expédie à lui-même. Le cachet de la poste peut constituer une preuve. SELECTION DES EDITEURSSélectionnez les éditeurs les plus proches de votre texte, en terme de genre, sous-genre et style. Vous devez donc impérativement connaître les éditeurs et leurs publications afin de ne pas envoyer au hasard votre manuscrit. En effet, un manuscrit de poésie aussi bon soit il, n’aura aucune chance d’être accepté dans une maison d’édition spécialisé dans le fantastique par exemple. N’hésitez pas à commander un livre ou 2 des maisons d’édition que vous avez sélectionné, de demander leur catalogue… De même vous pouvez toujours profiter d’un salon pour aller visiter leur stand et parler à leur équipe.
Allez dans les salons. C’est une bonne occasion pour découvrir des éditeurs inconnus. Je vous conseille de parcourir les stands en tant que lecteurs, ainsi vous verrez comment ces éditeurs défendent leurs auteurs et si se sont ou non des passionnés ; Un salon n’est pas le lieu idéal pour déposer un manuscrit par contre il est un outil formidable pour tester le professionnalisme des maisons d’édition. Avant la signature du contrat :Avant de passer aux conseils pratiques, il est utile de rappeler les différents contrats existants ainsi que de leur éventuelles dérives : Les différents types de contrat :Le
compte éditeur C/E Sachez que le compte d’auteur a très
mauvaise presse auprès des professionnels et des médias, il est donc mensonger de vous promettre des
ventes dépassant la centaine d’exemplaires ! !
Ce type de contrat n’a qu’une utilité : permettre de publier son
livre pour en faire profiter des proches. N’espérez pas gagner de l’argent avec ce
contrat, ce n’est pas le but ! Ce sera le contraire, vous dépenserez de
l’argent pour que vos amis puissent avoir un exemplaire de votre manuscrit en
format livre. Même si l’éditeur a la capacité de le vendre en librairie, les
ventes dépasseront très rarement la cinquantaine d’exemplaires. Si vous désirez donc faire de votre passion
d’écrire un métier oubliez ce mode d’édition. Le C/A camouflé en C/E Le contrat C/E « light » L’éditeur vous fait signer un contrat avec
un droit d’auteur misérable (se situant entre 1 et 5%) puis vous demande
d’effectuer vous même les corrections du livre, le dos de couverture voir la
couverture elle même et de prospecter vous même les libraires et la presse (ces
étapes seront décrites dans la partie suivante). Le travail de l’éditeur ne
consistant en fait qu’à trouver l’imprimeur et à envoyer les livres. A quand le
contrat d’édition demandant à l’auteur de trouver l’imprimeur, l’éditeur n’ayant
plus qu’à transcrire sa marque sur le livre ? Inutile vous dire que ce genre de
maisons d’édition a autant
mauvaise presse que celles du compte auteur et que les ventes ne connaissent pas
plus de succès. Comme les
secondes citées, elles cherchent à attirer le plus d’auteurs
possibles. Leur bénéfice se font grâce à un prix de revient réduit (l’essentiel
du travail est fait par l’auteur qui
ne récupère quasiment rien du fait du faible droit d’auteur).
Autant vous dire qu’avec ce type de contrat, vous dépensez beaucoup
d’énergie pour peu de résultat. Le must est évidemment le contrat qui mélange la plupart des arnaques décrit plus haut. Conseils pratiques :Si un éditeur vous convoque dans ses bureaux, ne signez jamais sur place. S'il insiste lourdement, vous fait du chantage, refuse de " laisser sortir " son contrat : attention danger ! Demandez quelques jours de réflexion. Profitez alors de ce délai pour prendre conseil auprès d'un avocat spécialiste du droit d'auteur ou d'un syndicat d'écrivains, histoire de ne pas signer n'importe quoi.
Dans tous les cas de figures, nous vous
conseillons d'ouvrir une chemise au nom de l'éditeur et d'y glissez tous les
doubles des courriers et
contrats que vous échangerez. Faites systématiquement un double de vos courriers
et confirmez par courrier toute
promesse verbale qui vous semble importante, ainsi que tout élément qui
viendra en retrait ou en apport des termes du contrat que vous avez signé.
De même vérifiez que tout ce qu’il
vous dit se trouve sur le contrat. N’hésitez pas à vous renseigner auprès de professionnels. Si des libraires se plaignent d’une maison d’édition, méfiez vous. De même, et je me prie d’insister, commander un ou 2 livres de la maison d’édition et prenez un catalogue. Puis analysez le travail réalisé par l’éditeur (les corrections ont ils été effectués avec soin ? la couverture et le dos de couverture sont ils accrocheurs ? …) Enfin méfiez vous des éditeurs qui demande massivement des manuscrits par voie de presse ou dans des salons. L’offre de manuscrits est beaucoup plus importante que la demande et donc ils ne devraient pas avoir à en demander. Si une maison cherche plus à attirer les écrivains (surtout débutant) qu’à attirer les lecteurs, méfiez vous, il y a sûrement anguille sous roche. En règle général, je déconseille à un auteur débutant de verser une quelconque somme d’argent à un éditeur (et donc le compte auteur). Après la signature du contrat :Voici les étapes faisant suite à une signature de contrat, si l’auteur ne doit évidemment pas tout faire il a à chaque fois un rôle à jouer : Préparation de la maquetteIl s’agit de corriger le style et les fautes d’orthographe ainsi que de préparer la couverture. Le travail de retouche est effectué par un ou plusieurs spécialistes de la langue française. Les graphistes et le service communication de la maison d’édition développent eux, Le dos de couverture et la couverture afin qu’ils soient les plus accrocheurs possible . C’est l’auteur qui effectue la validation finale en relisant son manuscrit corrigé et en acceptant la couverture. Il signe donc un bon de tirage. Démarchage auprès de la presseLe service communication envoie un mois ou 2 avant la sortie du livre, des exemplaires de l’ouvrage à différents journalistes. Ce délai leur permet donc de préparer leur article et de le publier en même temps que la sortie de l’ouvrage. Il met en relation ces journalistes avec l’auteur pour d’éventuelles interviews. Ces dernières se déroulent la majorité du temps par Internet et par téléphone mais il se peut que l’auteur soit invité à rencontrer un journaliste. A moins que vous ayez du succès et que vous soyez à Albin Michel, les conférences de presse sont rarissimes. Parution et démarchage auprès des librairesC’est le moment de la sortie du livre. Si l’éditeur est d’importance, il achètera auprès des grands pontes de la distribution (FNAC…) un emplacement bien visible auprès du grand public. En règle générale les libraires n’accepteront d’exposer votre livre que si des commerciaux de votre maison d’édition sont préalablement passé pour le présenter. C’est dans cette période que vous risquez de passer la plupart de vos week-ends à faire des dédicaces dans des salons ou librairies. Quelques chiffres utiles :Un livre se vend en moyenne à un millier d’exemplaires, il est considéré comme un best seller lorsqu’il dépasse les 5000 exemplaires. Une maison d’édition de taille moyenne s’estime contente lorsqu’un nouveau poulain dépasse les 500 exemplaires. Un livre coûte globalement en fabrication 25% de son prix à l’éditeur. Sa grosse période de vente n’excède pas 3 mois, ensuite s’il ne devient pas un best seller équivalent à un Grangé, il risque fort de disparaître des rayons pour n’être disponible qu’en commande. Un libraire gagne en gros entre 30 et 35 % du prix de vente et un organisme comme la FNAC autour de 45%. Les libraires ont un droit de retour de 6 mois (c’est à dire qu’ils ont ce délai pour retourner un livre non vendu et se faire rembourser). En conclusion, ce sont eux qui ont le moins de travail à fournir, qui prennent le moins de risque et qui touche le plus d’argent dans un livre. Inutile de dire que c’est l’écrivain qui touche le moins et qu’il est donc très difficile d’en faire son métier. En cas de rupture de stock :L’éditeur vous prévient par courrier, il est tenu de reconstituer un stock. Dans le cas contraire, il casse le contrat et vous redonne vos droits (et la possibilité d’aller démarcher un autre éditeur). Une adresse utileLe Calcre est une association de défense des auteurs qui possède un site bien fait où j’ai puisé une partie des renseignements qui m’a permis de réaliser ce dossier. De plus ils ont créé une liste des éditeurs à éviter (qui n’est évidemment pas exhaustive) dont voici le lien : http://www.calcre.com/contrats/ Si vous avez un doute sur une maison d’édition, n’hésitez pas à en parler à un membre de l’équipe de climaginaire. Nous n’avons pas la prétention de tout savoir mais nous donnerons nos avis. Si le doute persiste, il ne faut pas hésiter à consulter une association de défense du type du calcre ou un syndicat des écrivains. Conclusion :« Se faire éditer » est le rêve de beaucoup de personne mais il peut rapidement devenir un cauchemar. A moins que votre but est de faire du petit tirage pour des proches, évitez de verser de l’argent à un éditeur. Choisissez le avec soin tout en sachant qu’être édité demande également pas mal d’investissement. |