Une interview sur http://joueb.com/climaginaire 

Une visite au collège de Montrichard: http://etab.ac-orleans-tours.fr/clg-joachim-du-bellay-montrichard/Simonay/Simonay.htm

Le fanzine "PHENIX", édité par Marc Bailly, en Belgique, a publié un numéro sur moi. Vous pouvez le trouvez sur le site internet de PHENIX :

 http://www.phenixweb.be

1)          Pouvez vous vous présenter ?

Bernard SIMONAY, né à Paris il y a plus d’un demi siècle. Marié avec une fée, Viviane. Trois enfants, quatre chats (trois matous style Raminagrobis – saints hommes de chats - et une mini-chatte de trois mois spécialisée dans les griffures câlines et les morsures affectueuses), une chienne diplômée ès bêtises, complice de la précédente, un lapin neurasthénique, des poissons boulimiques. Je vis à la campagne et n’ai pas l’intention de changer. Rien d’autre à signaler. Je mène une vie calme.

 

2)          Vivez vous de vos écrits ?

Oui. Je n’ai même pas le temps de donner des conférences comme on me le demande parfois.

 

3)          Parlons tout d’abord de votre premier roman « Phénix » qui m’a particulièrement enthousiasmé tant au niveau du monde qu’au niveau de l’histoire. Comment l’idée de ce roman vous est venue et comment l’avez développée ?

L’idée est venue à partir d’un film sans aucun rapport avec la SF : Les Mariés de l’An II. On y voit deux chouans, Samy Frey et une actrice italienne dont j’ai oublié le nom. Ils sont frères et sœur, mais on sent que leur affection n’est pas seulement fraternelle. J’ai eu envie d’écrire un roman parlant d’une histoire d’amour entre un frère et une sœur. Sujet délicat, chargé de passion. Et, quelques années plus tard, cela a donné Phénix.

Quant au développement, c’est l’inspiration. C’est un phénomène que je suis incapable d’expliquer. Cela vient tout seul.

 

4)          Ce livre n’est pas seulement un très bon livre fantastique, il m’a semblé qu’il véhiculait quelques messages. Pouvez vous nous dire lesquels ?

- Le sens de la vie, avec une réflexion sur l’évolution possible de l’homme (développement de certaines fonctions existant à l’état latent : télépathie, télékinésie, etc). L’homme est à peine sorti de l’animalité. Sur le plan spirituel, il en est encore à l’âge de pierre – religions basées sur la superstition, crainte de la mort et de divinités toutes puissantes, etc)

- Un regard désabusé sur la justice, dont l’orientation varie selon la volonté de celui qui détient le pouvoir.

- La manipulation des peuples par les gouvernements et les religions

- Une réflexion – déjà – sur l’avenir de notre propre civilisation, qui fonce droit dans le mur pour de sordides raisons d’intérêt et à cause du goût du pouvoir et de la frime de nombre de nos dirigeants..

- Le développement de certaines valeurs fondamentales : le sens de l’amitié, la solidarité, la loyauté, le sens de l’honneur, le respect mutuel, le respect de la vie, le goût de la liberté. L’humanisme…

 

5)          « Le secret interdit » s’inscrit lui plus dans le thriller historico fantastique. Pouvez vous nous rappeler la trame de ce roman ?

Difficile, elle est très compliquée. Je vais essayer de faire court. Un romancier américain, Kevin, est obligé de se réfugier dans un port de Floride à cause d’une tempête. Lorsque le cyclone frappe le port, son bateau se trouve à côté d’un navire de grande taille, qui semble protégé par une force incompréhensible. Il monte à bord, aperçoit pendant une fraction de seconde un homme qui est censé se trouver au même moment à quatre mille kilomètres de là.

Il tente de retrouver cet homme, afin d’avoir une explication sur ce phénomène étrange.

A partir de là, les événements se succèdent à un rythme accéléré. Il reçoit d’étranges lettres signées d’une croix Ankh qui l’envoient, en compagnie d’une petite Française, Alexandra, aux quatre coins du monde, où l’attendent des énigmes ayant trait à l’histoire. Chaque aventure-découverte constitue une pièce d’un puzzle mystérieux qui le mènera finalement à découvrir un secret datant de la nuit des temps. 

 

6)          Je le trouve très actuel. Il englobe les grandes tragédies du vingtième siècle dans un complot global et comme Phénix, dénonce certains maux chers à notre humanité. Est  ce que vous vous considérez comme un écrivain militant, prônant l’écologie et dénonçant le fanatisme ainsi que le capitalisme sauvage ?

Exactement. L’imbécillité de certains dirigeants, comme le sieur Bush et sa clique, me fait bouillir. Parfois, j’aimerais posséder les pouvoirs de mes héros pour leur botter le cul ! Mais la loi du plus fort prévaut toujours, même si elle n’est pas – et de loin- la plus intelligente !

Mon prochain roman, La Terre des Morts va plus loin dans ce combat (dérisoire).  Il dénonce l’hypocrisie de l’Eglise, ses crimes passés, son aveuglement par rapport à la réalité du monde, et la cupidité des capitalistes. N’en déduisez pas que je suis communiste ou militant d’extrême gauche. Ces systèmes ne sont pas viables, eux non plus. Je suis écologiste sans me reconnaître un seul instant dans ce parti ; je suis aussi pour la libre entreprise, mais de manière sensée et équilibrée, avec un souci d’équité et de solidarité.

L’argent n’est qu’un moyen, pas un but.

 

7)          Ce livre d’un genre peu exploré, est dans la même catégorie que celui de Katherine Neville, intitulé « le 8 », qui lui m’avait assez déçu. Avez vous lu ce livre et si oui quels sont vos impressions ?

Je ne l’ai pas lu. Désolé.

 

8)          Vous êtes également un écrivain de romans historiques, portant notamment sur l’Egypte. Avez vous fait des études d’histoire ? et comment faites vous vos recherches ?

Je suis un autodidacte. Je n’ai donc pas suivi d’études en université. Mais je suis passionné par l’Histoire, la Géographie, les mythes et les légendes. Je m’intéresse également beaucoup à la science, à l’art en général, surtout la musique. En fait, je suis passionné par beaucoup de sujets.

Je possède une documentation importante, accumulée au fil des années Je me sers aussi beaucoup d’internet.

 

9)          Vos livres remettent parfois en cause l’histoire officielle comme par exemple en émettant l’hypothèse que l’Amérique était connue depuis l’antiquité. Ces idées sont ils une conviction ou les avez vous intégrer dans vos écrits car ils collaient avec l’histoire ?     

Il faut se méfier de l’Histoire officielle. Elle sert bien souvent les intérêts des dirigeants. Ainsi, l’Histoire de France enseignée aux enfants dans les écoles met en valeur les hauts faits de la République, mais passe sous silence les exactions commises en son nom, comme par exemple le massacre des Chouans pendant la guerre de Vendée. On découvre aussi que les Français ne se sont pas toujours comportés avec le panache et l’humanisme dont ils aiment se parer. Par exemple, en Bavière, au XVIIème siècle, ils ont opéré sur les populations locales des massacres que n’auraient pas désavoué les plus acharnés des nazis. Les autochtones s’en souviennent encore.

Cela m’a amené à développer une certaine tendresse pour la provocation. Remettre en cause les thèses officielles est un sport amusant, car il revient à plonger le nez des historiens au service de l’état dans leurs propres contradiction.

En ce qui concerne le fait que l’Amérique était connue sous l’Antiquité, c’est une conviction personnelle. Sur mon site, (www.simonay.com) vous trouverez un article d’une quinzaine de pages qui est une étude sur le sujet. Mais je tente de garder une rigueur scientifique et, sachant qu’il n’existe pas de preuve formelle, je me garde bien d’affirmer que les Anciens sont allés en Amérique. Je dis seulement que le sujet mérite d’être étudié avec objectivité. Lorsque l’on considère tous les éléments, ils convergent tous vers la même conclusion.

Dans ce cas, pourquoi les historiens évitent-ils le sujet ? Tout simplement parce qu’il faudrait reconnaître que nous, les Européens, - l’élite blanche de la planète -, nous n’avons pas été les premiers. Ainsi, les « nègres », ces « êtres inférieurs » que nous avons déportés comme esclaves par millions, y sont allés avant nous – au VIIème siècle, pour être précis ! Quel scandale, n’est-ce pas ! Alors, on préfère éviter d’en parler…

 

Cependant, dans mes romans, il m’arrive « d’arranger » l’Histoire à ma manière, pour les besoins de la cause. C’est ce que j’ai fait dans la trilogie égyptienne sur Djoser (La Première Pyramide). Mais je le précise dans l’avant-propos. C’est une question d’honnêteté. Je suis romancier, pas historien, et je ne revendique absolument pas ce titre.

 

10)      Le coté rafraîchissant de vos romans est qu’ils n’hésitent pas à mélanger les genres : mêlant Science Fiction et médiéval fantastique dans Phénix ainsi que référence historique, Science Fiction et thriller dans « le secret interdit ». Quelle est votre méthode pour trouver puis développer un bon sujet d’histoire ?

Il n’y a pas vraiment de méthode. Les sujets viennent tout seuls. Cela fait aussi partie de l’inspiration.

Ensuite…

Une trame solide, bien construite, qui ménage un suspense continuel et des coups de théâtre.

Des personnages attachants.

Un décor riche, comportant quantité de détails amusants ou étonnants.

 

11)       Vous avez également écrit quelques livres policiers que je n’ai pas eu la chance de lire. Pouvez vous nous les décrire brièvement ?

La Lande Maudite :

L’histoire se déroule en Bretagne, dans l’île des Cormorans, inventée pour les besoins de la cause. Là, des gens meurent dans des circonstances surprenantes. Morts naturelles ? ou assassinats ? Les victimes ne semblent pas avoir de liens entre elles. Alors, l’Ankou, le sinistre valet de la mort, comme disent les vieux Bretons, est-il revenu ? Ou bien un sérial killer circule-t-il dans l’île ?

Note : L’île des Cormorans n’existe pas. Pourtant, si vous allez sur mon site, vous y trouverez des photos de cette île imaginaire ! Avec de petites mini-légendes en prime…

 

La Fille du Diable.

Nicolas, 35 ans, vient de divorcer dans des conditions particulièrement pénibles. Ne sachant pas trop comment occuper ses loisirs, il lui vient l’idée de partir à la recherche une petite camarade de classe dont il était amoureux quand il avait quatre ans. Idée bizarre, qui le mènera bientôt sur les traces d’un personnage étonnant. Car la petite Françoise Camus qu’il aimait sur les bancs de la maternelle n’a pas suivi le chemin de tout le monde.

Bientôt sa quête l’entraîne sur des sentiers dangereux, où il risque fort de laisser des plumes…

Et ce qu’il découvre « fait froid dans le dos ». Il y a de quoi, surtout quand on sait que ce « secret » n’a rien de fictif. Mais je ne peux en dire plus. La suite dans le livre.

 

12)       Parlons un peu de vos goûts, quels sont vos auteurs préférés ?

Deux auteurs m’ont beaucoup inspiré : Robert Merle et René Barjavel.

Quant aux autres, ils sont nombreux : Azimov, Dan Simmons, Jules Verne, Dumas, et tant d’autres.

Une mention spéciale pour Michel de Montaigne, pour qui j’ai beaucoup d’affection. J’écrirai peut-être une biographie sur lui, un jour…

 

13)      De même quel type de musique écoutez vous et quel type de cinéma appréciez vous ?

Musique

La musique classique : Anton Dvorak, Respighi, Tchaïkovski, Shostakovitch, Schubert, Sibélius, Wagner. J’en oublie et non des moindres.

La musique de film : James Horner, John Barry, John Williams…

La musique New Age : Vangelis, Kitaro, Gandalf (surtout Gandalf !)

Certains groupes comme Marillion

Le Jazz New Orleans (cf La Fille du Diable)

Et plein d’autres choses, je suis très éclectique.

Cinéma :

Le bon. Je n’ai pas de genre préféré. Cela va de la SF aux vieux classiques comme la trilogie marseillaise de Marcel Pagnol, « l’aventure de Madame Muir » de Mankievicz, en passant par « Il était une fois dans l’Ouest » ou « Les Enfants du Marais »…

Tout ce qui fait rêver…

 

14)      Longtemps décrié en France, le fantastique, la science fiction et le thriller se refont une santé avec des auteurs comme Bernard Werber et Jean Christophe Grangé. Etes vous optimiste quand à l’évolution de ces genres dans notre beau pays ?

Bien sûr. Mais il faut être patient. Les éditeurs ne sont pas tous prêts à évoluer avec leur temps. Il existe dans ce milieu une espèce d’intelligentsia - pas très maligne, mais qui est persuadée de l’être.

 

15)      Vous qui avez de l’expérience, quels conseils donneriez vous à des jeunes qui débutent dans l’écriture ?

Deux conseils :

- Ne pas écrire dans le but d’être publié, mais pour le seul plaisir.

- Travailler beaucoup, beaucoup, beaucoup, beaucoup… (devenir un véritable écrivain demande des années)

 

16)      Sur Internet, plusieurs mises en garde circulent contre des éditeurs peu scrupuleux. Quelles sont les règles à appliquer pour éviter les escrocs ?

Ne jamais avancer d’argent pour la publication d’un roman (style la Pensée universelle). C’est l’éditeur qui DOIT avancer de l’argent. Dans le cas d’un petit éditeur n’ayant pas beaucoup de moyens, cette avance n’existe pas forcément. C’est alors une question de choix de la part de l’auteur. Il peut accepter ou refuser. Mais en aucun cas un éditeur ne doit demander d’argent à l’auteur. S’il le fait, c’est un escroc. Enfin, pas tout à fait, parce que c’est une escroquerie couverte par la loi. Mais ce genre de personnage doit être évité ! Accessoirement, on peut lui claquer le museau au passage…

 

17)      Quels sont vos projets pour l’année à venir ?

J’envisage de réécrire à ma manière l’histoire de Jason et la Toison d’or. Il me reste aussi la suite des Enfants de l’Atlantide.

 

18)      Et pour finir, un dernier mot aux lecteurs de ce site…

Venez nombreux. J’ai passé du temps à ajouter quantité d’articles complémentaires. Il serait dommage de ne pas en profiter. Par exemple, les fans de Phénix trouveront une quinzaine d’articles inédits parlant de l’univers du roman. Ainsi que des dessins de lionorses réalisés par Séverine Pineaux.

Il y a aussi des études sur les sujets dont traitent certains de mes romans (Antilia, Moïse le Pharaon rebelle, Le Roman de la Belle et la Bête) D’autres viendront se rajouter au fur et à mesure.

Tout cela est gratuit. Vous pouvez les télécharger et les imprimer chez vous.

 

 

 

19) Quel a été pour vous le « déclic » de l’écriture et à quel âge ?

J’ai donné cette réponse dans ma bio.

Le cinéma. Vers 10 ans, j’ai eu envie de faire du cinéma en tant que scénariste réalisateur. Mais ce milieu me paraissait à l’époque complètement hors de portée. C’était une autre planète, où les gens n’existaient pas vraiment. Alors, j’ai commencé par coucher sur le papier les histoires qui me passaient par la tête. Et je me suis pris au jeu.

 

20) Avez-vous rapidement imaginé écrire des romans ? Les publier ?

J’ai commencé plusieurs romans vers l’âge de 13 ans. Le premier que j’ai terminé, je devais avoir 16 ou 17 ans. Ce n’était pas de la SF mais une espèce de bluette sans intérêt (l’âge, sans doute). Mais je me suis lancé très vite dans le fantastique et la SF. Le premier gros roman fantastique faisait tout de même plus de 600 pages. C’est impubliable et seuls quelques proches l’ont lu. De même pour le suivant, qui s’appelait LE CHEMIN DES ETOILES. Une petite anecdote amusante toutefois : c’est dans ce roman qu’apparaît pour la première fois le prénom de Solyane. C’est un personnage qui n’apparaît que vers la fin, mais il rayonnait tellement que je n’ai eu aucun mal ensuite à le choisir pour l’héroïne de Phénix. Aujourd’hui, je compte pus de 20 petites Solyane chez les enfants de mes lecteurs. J’ai inventé un prénom et c’est pour moi une récompense exceptionnelle.

 

21) Quel est le premier manuscrit que vous avez décidé d’envoyer chez un éditeur ? Quel a été son parcours ?

Ma première femme m’encourageait à envoyer tous mes manuscrits à des éditeurs. Mais ils étaient inéditables et j’abandonnais après une seule tentative. Je faisais ça pour lui faire plaisir, mais je n’y croyais pas.

Le seul auquel je croyais vraiment, c’était Phénix. Mais problèmes : c’était une manuscrit énorme (près de 900 pages !) et surtout : « mon pauv’ monsieur, vous êtes français ! Les Français NE SAVENT PAS écrire de la bonne Science Fiction ! Si encore vous étiez américain…

Il a été refusé par les deux premiers éditeurs (Robert Laffont et Denoël), et accepté par le troisième, Le Rocher. Même si sur le moment j’ai été déçu par ces deux refus, je pense que cela a été une chance pour moi. Je ne suis pas toujours d’accord avec la politique menée par le Rocher, mais je n’aurais jamais pu réaliser ailleurs ce que j’ai fait avec cette maison d’édition, qui me laisse carte blanche pour le choix de mes romans, ce qui est très rare dans ce milieu.

 

22) Peut-être êtes-vous entré dans le monde de l’édition par un autre biais ? (traduction, lecture, fanzine ?)

Non. J’ai fait de la traduction, mais plus tard.

 

23) Avez-vous jamais travaillé consciemment votre écriture ? Dans des ateliers ? A travers de cours ?

Non. La seule formation, c’est le travail personnel. Une remise en cause permanente et une analyse sans concession des écrits. Je crois qu’on ne peut pas s’appuyer sur d’autres pour écrire. C’est une quête totalement personnelle.

Mais peut-être les ateliers d’écriture peuvent-ils apporter quelque chose, je ne sais pas.

 

24) Pouvez-vous nous décrire une journée-type de travail ?

Debout entre 6 et 7 heures. Petit déjeuner. Ensuite, réponse aux mails et écriture jusqu’à 19 heures, avec une à deux heures de pause pour le déjeuner. Et cela du lundi au samedi inclus. Mais il m’arrive parfois de m’accorder une journée de repos certaines semaines.

A terme, l’objectif est de ne travailler que le matin et, comme m’a dit Gilbert Bordes, de « recharger mon stylo l’après-midi ». Mais j’ai trop de travail actuellement.

 

 

25) Travaillez-vous sur un seul projet ou sur plusieurs en parallèle ?

Toujours sur un seul. Dans le cas contraire, on se disperse.

 

 

26) Quelle est la somme de recherche que vous effectuez pour un roman ?

Cela représente un très gros travail. Avant de se lancer dans l’écriture proprement dite, il faut éplucher toutes sortes de documents, livres, revues, films, articles de presse, sites internet…

Si l’on veut rester crédible, on ne peut pas se permettre d’écrire n’importe quoi.

 

27) Comment s’est goupillé votre premier contrat ? Quel effet cela a-t-il produit sur vous à l’époque ? Quel âge aviez-vous ?

Après mes deux premiers échecs pour Phénix, je n’y croyais plus trop. Je me disais que je n’y arriverais jamais. Mais j’avais déposé mon manuscrit au Rocher. Deux mois plus tard, en septembre 1985, Jean-Paul Bertrand m’a appelé et m’a dit qu’il voulait le publier. Comme j’étais en plein boulot, je n’ai même pas compris de quoi il parlait au début. Et puis, je l’ai rencontré. Il m’a dit qu’il avait beaucoup aimé le roman. Nous avons signé un contrat qui m’engageait pour quatre autres livres et il m’a fait une avance, ce qu’on appelle un à-valoir. C’est aussi simple que ça.

 

28) Pouvez-vous revenir en quelques mots sur les romans que vous considérez comme déterminant dans votre carrière ?

Il y a eu Phénix, bien sûr, le premier. Une histoire d’amour fantastique entre un frère et une sœur dotés de pouvoirs surnaturels, dans un environnement basé essentiellement sur la chevalerie.

Ensuite, dix ans plus tard, il y a eu la trilogie de La Première Pyramide, romans égyptiens dont le premier tome a été tiré à plus de 30000 exemplaires en grand format, traduit en plusieurs langues et publié chez Folio. Cette trilogie m’a permis de toucher un public beaucoup plus large et de commencer véritablement à gagner ma vie en tant qu’auteur. C’était il y a 8 ans.

 

Enfin, en 2003, Les Tigres de Tasmanie, publiés chez Jeanine Balland, aux Presses de la Cité, m’ont fait connaître également d’un nouveau public.

 

29) Avez-vous déjà été approché par le cinéma, la télévision, le monde du jeu vidéo pour soit s’inspirer de vos travaux ou travailler sur un univers déjà connu ou tout simplement pour développer quelque chose de neuf sur un de ces supports ?

Non. J’ai fait moi-même quelques tentatives avec La Lande Maudite, roman policier issu d’un scénario écrit pour la télévision, mais le peu de contacts que j’ai eu avec ce milieu m’a profondément déçu. J’ai rencontré beaucoup de frimeurs, qui n’ont pas tari d’éloges lorsqu’ils m’ont rencontré… et qui m’avaient oublié huit jours plus tard. Je n’ai rien à faire avec des gens comme ça. Je ne parle bien sûr pas des acteurs et réalisateurs, qui sont, eux aussi, des créateurs. Je parle des gens de la télé, qui décident de tout sans rien connaître sinon une chose : quel est le meilleur moyen de faire du fric sur le dos de ces crétins de téléspectateurs-payeurs ? Il suffit pour s’en convaincre de regarder quelques minutes des nouvelles émissions de télé-réalité. Niveau intellectuel au ras des pâquerettes, voyeurisme et bêtise sont au programme. J’en arrive parfois à me demander si tout ça ne fait pas partie d’un plan insidieux pour rabaisser le niveau du peuple. Un peuple stupide est plus facile à diriger qu’un peuple intelligent.

 

30) Etes-vous déjà passé par des périodes de « sécheresse créative ? »

Jamais. C’est un peu l’inverse. J’ai trop de projets en prévision et le drame, lorsque je dois commencer un nouveau roman, c’est de choisir parmi ces projets.