

L'une des
grandes idées de Kalkus de Rives, fondateur de la Religion Amanite, fut de créer
de toutes pièces une langue universelle, inspirée des idiomes antiques, et
notamment d'une langue qui s'était abondamment répandue au fil des premiers
millénaires de l'humanité, l'Anglais. Cette langue, en raison de sa simplicité,
avait déjà été utilisée comme langue commerciale pratiquement depuis l'ère de
l'Industrialisation, c'est à dire à partir de la seconde moitié du XIXème siècle
de l'ère chrétienne. Elle connut un développement sans précédent durant toute la
période de "l'Age d'Or", absorbant de nombreux mots d'origine germanique,
française, italienne ou espagnole, et même des vocables empruntés aux langues
slaves et extrême orientales. A l'époque du
"Jour du Soleil", l'Anglais avait évolué pour devenir une sorte de sabir aux
multiples prononciations et particularismes locaux, un langage connu par
pratiquement tous les peuples du monde. Par la suite,
durant la période dite du "Chaos", l'effondrement et le morcellement des
populations humaines, provoquèrent une nouvelle évolution, qui se traduisit par
une « régionalisation » de la langue originale. Lorsque
Kalkus de Rives effectua ses voyages hors de sa cité retranchée des bords de la
Garonne, il remarqua les nombreuses similitudes existant entre les différents
langages rencontrés. Il comprit le parti qu'il pouvait tirer de ce phénomène de
quasi unité linguistique et entreprit de restructurer, à partir des idiomes
locaux, une langue nouvelle, qu'il baptisa l'Ankos, nom de l'époque donné à
l'Anglais. Les caractères d'écriture avaient peu évolué, si ce n'est l'apport de
quelques caractères cyrilliques et latins. Ainsi naquit l'un des plus puissants
éléments de cohésion de la Religion Amanite. L'Ankos fut
enseigné rapidement à toutes les populations conquises par les Amanes, d'autant
plus facilement qu'elle se rapprochait de leur idiome de base. Avec le temps,
elle s'enrichit de particularismes locaux, d'expressions nouvelles
et
imagées, qui firent d'elle cette langue à la
richesse extraordinaire, souple et nuancée, qu'affectionnent les écrivains, les
poètes, et... les conteurs. Par ailleurs,
aux côtés de l'Ankos survivaient les souvenirs des langues de l'époque antique.
La Religion constitua une classe particulière de prêtres dont la tâche fut de
reconstituer et de restructurer ces langues. Ainsi, la totalité du monde amanite
parle souvent au moins deux langues, l'Ankos et le dialecte
local. L'Ankos
constitua un facteur décisif dans l'unification du monde, facilitant la
circulation des hommes et des idées. Sa diffusion fut telle que nombre de tribus
de maraudiers l'adoptèrent également. |