LES ENFANTS DU VOLCAN

Note: Il n'existe pas encore de quatrième de couverture pour ce roman, dont la parution est prévue pour janvier 2009, en première exclusivité, chez France Loisirs, et en janvier 2010 en librairie. Pour cette raison, j'ai inclus l'avant-propos.

 

La chaîne des puys, en Auvergne, il y a huit mille ans…

La glaciation de Würms a pris fin depuis environ trois mille ans. Nous sommes dans cette période appelée néolithique, considérée par les archéologues comme une véritable révolution.

L’humanité vient de traverser une période rigoureuse, avec des hivers longs et rudes. Dans certaines populations, il en subsiste des traces, comme la pratique du cannibalisme, jadis justifiée par la difficulté à survivre dans un environnement hostile et glacial.

Le monde est en pleine mutation. Avec le recul de la banquise et la fonte des glaces, la nature se montre plus clémente et offre aux hommes des fruits et du gibier en abondance. La population s’accroît. De nouveaux modes de vie apparaissent. Il y a 10000 ans, au Moyen-Orient, les hommes commencent à pratiquer l’agriculture. On fabrique de la céramique, on apprivoise certains animaux. Les tribus déjà semi-nomades se sédentarisent. On construit les premiers villages. Peu à peu, des migrations successives amènent ces populations en Europe, où vivent des chasseurs-cueilleurs.

Ces derniers, enracinés dans leurs traditions et prêts à toutes les extrémités pour défendre leurs territoires et leurs privilèges, ne voient pas d’un bon œil l’arrivée de ces pasteurs qui font figure d’envahisseurs. Cependant, de nouvelles technologies vont peu à peu bouleverser le mode de vie des tribus et préfigureront la période historique. Elles découvrent à leur tour le tissage, la poterie, de nouvelles armes de jet comme l’arc, qui remplace peu à peu l’antique propulseur. Les hommes construisent des maisons en pierre, aux toits de chaume, domestiquent les animaux tels la chèvre, le mouton sauvage et même les premiers bovins. Certains vivent au bord des lacs, bâtissant des cités lacustres pour se protéger de leurs ennemis. On ne connaît pas encore la métallurgie, mais on utilise déjà les pépites d’or trouvées dans les torrents, le fer météoritique pour les pointes de flèche. Les pasteurs agriculteurs viennent de l’est ou du sud. Ils se sédentarisent et commencent à construire des villages qui deviendront bientôt des villes.

L’affrontement est inévitable avec les chasseurs semi-nomades qui se contentent de huttes de branchages recouvertes de peaux de bêtes, et qui suivent les déplacements des troupeaux, sur un territoire qui estiment leur appartenir, et sur lequel ils ne tolèrent aucun intrus. Les peuples de cette époque connaissent déjà les conflits armés, les prisonniers sont transformés en esclaves, voire en animaux de boucherie. Ils commencent à constituer des nations. Les tribus sont liées entre elles par un système hiérarchique qui rappelle un peu la vassalité. Les plus puissantes exigent le versement de tributs en échange de leur protection contre les ennemis communs ou l’exploitation d’un territoire de chasse.

Cependant, au-delà des conflits, de nouvelles relations commerciales se tissent. Des rassemblements de tribus ont lieu régulièrement, en des lieux spécifiques. C’est là qu’on pratique le troc, que l’on règle les conflits, que l’on procède au paiement des tributs, que l’on conclut les alliances, les mariages intertribaux. On y partage aussi les nouvelles technologies.

Dieux et superstitions illustrent un monde aux dimensions magiques. L’art, qui se décline sous différentes formes, peinture, sculpture, bijoux, a encore une signification religieuse fondamentale. Les statuettes représentent les divinités, les peintures font partie de rituels destinés à favoriser la chasse, la guérison d’un malade ; les bijoux sont des amulettes qui protègent des mauvais esprits. Le merveilleux est omniprésent.

 

On ne peut qualifier cette période de « préhistoire », mais plutôt de protohistoire. Si l’on ne conserve aucune trace des événements qui ont eu lieu à l’époque, ces ancêtres ont néanmoins eu une histoire, qui a précédé celle des peuples de l’Antiquité.

En Auvergne, où se situe le récit, quelques rares volcans sont encore en activité et sont considérés comme des divinités. Certaines tribus n’osent pas s’aventurer sur les territoires volcaniques. D’autres au contraire ont compris que les terres entourant les volcans sont fertiles.

C’est dans ce contexte bouillonnant que se déroule l’histoire des Enfants du Volcan.